Genre


Théâtre

 Annie Biasibiasi parle de l’apport de la femme dans l’art de la scène

Une fierté pour le théâtre congolais
 « Le jour que la femme artiste congolaise reconnaitra ses valeurs, elle saura combien le monde attend beaucoup d’elle », cette déclaration est d’une metteur en scène, Annie Pierrette Wumba Biasibiasi. Elle figure parmi les artistes congolaises qui font la fierté du théâtre tant classique que populaire de la République démocratique du Congo. Elle a pris part active  à plusieurs rencontres culturelles de grande envergure sur place au pays tout comme ailleurs. A en croire ses propos, le phénomène «Nzozing» a beaucoup contribué à ternir l’image de marque de l’artiste comédienne congolaise.

Elle a fait preuve de ses talents d’artiste comédienne notamment dans la pièce «La passion d’une mère» du groupe Simba où vous avez incarné le rôle d’une mauvaise belle-mère. Madame Annie Pierrette Wumba Biasibiasi est plus connue par le nom d’Annie Biasibiasi. Dans les séries dramatiques, on le colle  plus le nom de maman Abia. Elle a fait ses études supérieures en Art dramatique, option Mise en scène à l’Institut national des arts (INA). Pour le moment, elle  joue à «Ngoon Théâtre» pour le classique et au groupe «Simba» pour le théâtre populaire.

D’après l’artiste, Annie Biasibiasi,  les femmes artistes congolaises ont une très grande part de responsabilité dans la lutte contre la guerre et violences qui nous sont faites comme le dit l’adage, « éduquer une femme, c’est éduquer toute une nation ». Dans son répertoire de maxime, Annie Biasibiasi évoque que « derrière un grand homme, il y a toujours une grande dame ».  Pour l’oratrice Ces deux maximes prouvent à suffisance que  le rôle d’une femme dans la société est très important aux côtés d’un homme. Pour revenir à l’artiste femme,  elle avance que celle-ci est considérée comme une personne éduquée à même de transmettre son éducation aux autres. « Le jour que la femme artiste congolaise reconnaitra ses valeurs, elle saura combien le monde attend beaucoup d’elle », indique-t-elle.
Evoquant  les conditions de travail de l’artiste femme congolaise,  l’artiste déplore du fait que la femme artiste congolaise ne reconnait pas encore ses valeurs comme évoqué si haut.

« Elle ignore le pourquoi de sa présence dans l’art car elle ne donne pas assez. Elle préfère plutôt s’exposer qu’à transmettre ses vraies valeurs. A titre d’exemple, le phénomène nzonzig (ndlr: une pratique qui consiste à réunir des artistes œuvrant dans différentes structures pour la réalisation d’une ou des œuvres d’esprit moyennant des espèces sonnantes) qui, du reste, permet à l’artiste homme ou femme à gagner tant soit peu sa vie. Mais cette pratique ternit l’image du théâtre congolais dans la mesure où  ces gens qui viennent vers nous, s’enrichissent derrière notre dos », a déploré Mme Annie Biasibiasi.
Face à cette triste réalité, l’oratrice constate encore que  la femme est abusivement employée. Elles sont exploitées  comme objet de décoration voire du plaisir alors qu’au-delà de cet aspect décoratif, la femme a une mission cathartique.  Pour l’oratrice, la femme,  c’est elle qui élève la famille, aide la société à s’élever...Partant de sa carrière, Annie Biasibiasi  soutient que La femme doit refuser d’être spectatrice, elle doit plutôt se trouver en scène comme une actrice. Elle doit être là où les grandes décisions sont prises.

Saint Hervé M’Buy


La Compagnie Théâtre des Intrigants remonte le spectacle « La Guerre ou l’Amour ? »

La grève du sexe  pour engendrer la paix

Le mois de mars, mois par excellence d’expression de la femme dans le monde entier, la Compagnie de théâtre des Intrigants a choisi un spectacle pas de moindre pour présenter au public. Il s’agit du spectacle « La Guerre ou l’Amour ?» d’après « Lysistrata » d’Aristophane.  Ce spectacle qui a séduit l’attention du  public dernièrement, répond à plusieurs questions d’actualité sur la quête de la paix, sur les droits de femme, et cetera. « La Guerre ou l’Amour » s’inscrit mieux au besoin de prévention des violences et de l’affirmation de la place de la femme dans la vie politique nationale. Il s’inscrit aussi  dans l’élan d’une dénonciation d’une guerre entretenue par des hommes et autres marchants d’armes.

Ce spectacle constitue une occasion de se souvenir de la glorieuse lutte engagée par les femmes à travers les âges pour libérer du dikta des hommes. C’est aussi l’invitation  à tous, femmes et hommes à mettre en pratique toutes les résolutions jusqu’ici prises en faveur de l’égalité de genres, de l’implication de femme dans le développement national, de lutte contre toute forme de violences basées sur le genre. 

A travers ce spectacle, les femmes délient leurs langues pour réclamer leur droit de participer à la gestion politique et économique. Les femmes de toutes les régions en ont assez de guerres interminables qui déchirent le pays, dès lors qu’elles considèrent que ces guerres sont dues à la cupidité des hommes. Elles se sont décidées de faire la grève du sexe  pour contraindre leurs hommes à mettre un terme à la guerre.

Cette démarche révolutionnaire dans le registre de lutte pour la paix paraît aussi osée que fatale pour les deux sexes. Les femmes motivées ont partagé la calebasse de la résistance. Elles se sont même emparées de la radio, de la banque centrale au cours d’une mobilisation tous azimuts avec la même ardeur de priver les hommes du sexe à tout prix. Elles les ont rendus faibles et nerveux.  Pas de sexe ni de bouffe, c’est le prix à payer pour l’instauration de la paix.  Une résistance qui a court-circuité les appétits voraces de certains hommes qui ne peuvent pas s’accommoder avec ce jeûne forcé. Ils ont disjoncté.  Les femmes ont chômé à la cuisine, mais également déserté le lit conjugal afin de contraindre les hommes à se détourner de leurs ambitions belliqueuses. Les stratagèmes ont été bien conçus dans les laboratoires d’idées de l’assemblée des femmes. Certaines femmes ont failli même se désolidariser de cette démarche. Elles avaient aussi besoin de bénéficier de la chaleur de leurs maris. Mais, c’est plus les hommes qui ont payé le prix  de cette démarche révolutionnaire « la grève du sexe ». Chaud lapin en a eu pour son compte. Il a vu son phallus bombé  en bloc réclamant à tout prix sa charmante épouse. Celle-ci a épousé le mot d’ordre de l’assemblée de femmes « la grève du sexe ». Elle, pourvue de chairs fermes et aux rondeurs remarquables,  s’est parfumée au point d’exciter les bas de la ceinture de l’homme. C’est au prix d’un marchandage ardu entre la guerre ou l’amour  que l’homme a conclu d’abandonner son kalachnikov pour humer l’air de la paix en communion avec son épouse.  De fil en aiguille, le dialogue de la paix a gagné toutes les régions. Malgré les tergiversations et le refus d’écouter les femmes, les hommes ont tous fini par capituler car ne pouvant supporter l’abstinence sexuelle que leur ont imposée leurs femmes. Enfin, la paix a été signée. 

Pour la petite histoire, le spectacle « L’amour ou la guerre », une de créations de la CTI,  tiré de « Lysistrata » d’Aristophane est le fruit d’une mise en scène et scénographie de Michel Faure, sous une adaptation de Michel Faure et Kulumbi Nsin Mbwelia. Et,  la distribution a été assurée sur scène par  Fyfy Kapalay Mukar, Nadine Kimbolo, Marlene Longange, Bavon Diana Landa, Kulumbi Nsin Mbwelia et Mfele Kabamba. La pièce « la Guerre ou l’amour » a été créée au Centre d’Initiation Artistique pour la Jeunesse le 8 septembre 2010.

Saint Hervé M’Buy


Littérature

« Harcèlement sexuel, limogée pour l’avoir dénoncé » de Bernadette Kamango

Je dénonce l’harcèlement sexuel
Mme Bernadette Kamango vient de mettre sur le marché du livre et en ligne depuis quelques jours,  l’ouvrage, intitulé « harcèlement sexuel, limogée pour l’avoir dénoncé », rapporte l’Agence congolaise de presse.
Dans cet ouvrage, l’auteur relate une expérience de six années de sa vie professionnelle au cours de laquelle elle a été humiliée, froissée, terrifiée, menacée et ridiculisée. Ce livre évoque la problématique du refus de céder aux instincts sexuels par certaines personnes qui ont été harcelées par leurs chefs. Cet ouvrage est une interpellation pour chacun à s’engager dans cette campagne menée par l’auteur pour briser le silence afin de mettre fin à ce genre de nuisance à travers le monde. 
St. H. M’B.

Cinéma
Mode et mœurs : Le deuil se transforme en un règlement de compte contre la veuve 

Le deuil, ça se fête à Kinshasa
Le deuil, ça se fête à Kinshasa. C’est un cadre ou le plus souvent la misère congolaise se résume au plus haut point comme dans un spectacle de théâtre contre particulièrement la veuve éplorée si c’est le cas de la disparition de l’époux. Ceux qui viennent compatir aux côtés de la veuve, dans une approche traditionnelle, malmènent celle-ci à petit feu.

A l’annonce de la triste nouvelle, tout le monde accourt pour partager la douleur avec la veuve. Dans le lot des consolateurs, il y a les parents, les amis et les connaissances qui ont connu le mari défunt. Et juste après l’enterrement, les masques de compassion tombent pour appliquer la rigueur de la coutume.

Et d’entrée de jeu, la veuve est prise en otage par des parents du défunt. Toutefois, elle prend soin de réunir à ses côtés certains membres de sa famille. En entendant les démarches funéraires, pour certaines, la veuve reste inactive. Et dans la plupart de cas, l’entourage ne se soucie même pas de la douleur qui la malmène, la fait  tirer en longueur le protocole du deuil. Elle est obligée de subir des scènes de pleurs et d’amertume.

Assise à même le sol, elle attend la levée du corps de la morgue. Qui, dans certains cas, peut se tirer en longueur prendre même une semaine. En attendant, elle doit subir le protocole traditionnel, elle demeure toujours inactive. Par moment, elle parvient à s’évader en écoutant les chansons religieuses ou en servant ses collègues de service. Et vint le jour de la sortie du corps ou une vague des parents, amis et connaissances viennent assister à la cérémonie funéraire.

Et juste après l’enterrement, elle est prise en otage par la famille de son défunt mari. Dans un deuil à Kasa-vubu, les parents d’un défunt ont interdit à la veuve de saluer même ses collègues de service sous prétexte qu’elle est retenue à une concertation par un collège des oncles. Ceux-ci l’ont sommé d’observer le mokuya (le deuil) durant une semaine après l’enterrement.

Pour la petite histoire, à Kinshasa, les cérémonies funéraires se transforment le plus souvent à des moments récréatifs. … ou tous les commérages se tissent devant la chapelle ardente ; où se joignent les sapeurs qui se rivalisent des griffes de grands couturiers du monde ; où certaines femmes maquillées comme des voitures volées s’amènent en quête des princes charmants. Elles ne soucient même pas du parcours de combattant que subit la femme éplorée.

Et dans le rang, certains membres de la famille, suffisamment informés, de la vie de ce couple qui viennent pour tirer les reliquats de cette séparation brutale. Le plus souvent, ce sont des profiteurs qui savent bien interpréter les notions de la tradition pour tirer leur épingle du jeu.

Le plus souvent, leurs larmes ressemblent à ceux du crocodile. Sans ménagement, certains parents s’affairent à s’enquérir sur les biens laissés par le défunt. « atiki nini, wapi biloko ya ndeko na biso. Toyebi azalaki na biloko ebele » (traduisez : qu’est-ce que le défunt a laissé ? Où sont les biens qu’a laissés notre frère ? On est au courant, il avait plusieurs biens). Voilà déjà l’approche de ces oncles et frères qui se rapprochent déjà de la veuve. Et juste après l’enterrement, c’est l’heure du verdict pour la veuve. C’est une tribune traditionnelle qui harmonise avec elle.

Les oncles les plus véreux s’arrachent les biens du défunt au détriment de la femme éplorée et des enfants. Cette situation aggrave encore la douleur de la femme. Certains profiteurs se penchent aux notions de la coutume juste pour tirer profit de cette situation. Les mêmes parents qui s’accrochent aux notions de la coutume, fréquentent curieusement les Eglises chrétiennes. Comme qui dirait le profit prime sur la vertu chrétienne.

Dans tout deuil en Afrique, ceux qui alimentent les commérages à l’encontre de la veuve, viennent pour soutenir ce pillage systématique. Il arrive par moment que la veuve et les enfants soient sommés de sortir sans ménagement de la résidence de leur défunt mari et papa. Et la femme et les enfants se retrouvent dans la rue ou à la charge de sa famille d’origine. Et dire que du vivant de son mari, les membres de sa belle-famille jouissaient de tant de bienfaits matériels. « C’est donc ça, le revers de la médaille, ceux qui venaient manger chez moi. Après l’enterrement de mon mari, ils se sont rebellés contre moi.
Ils ont baissé leurs masques d’enthousiasme sur ma personne, au nom d’une certaine tradition. Ils m’ont ravi les biens de mon mari et aujourd’hui je suis scotché chez mon jeune frère…. Je m’attendais de vivre dans ma vie une telle réalité. Et dire que parmi les profiteurs, j’ai reconnu ceux qui me prêchent l’amour de Jésus-Christ.

A ce jour, je me bats pour scolariser mes enfants », a lâché une dame veuve de son état à ses amis juste après avoir déposé une gerbe de fleurs à la tombe de son défunt mari le 1er aout dernier. « Ah ma chère, c’est ainsi que certaines familles se comportent envers les veuves… j’espère un jour que les choses vont changer à Kinshasa…

Ecoute, il faut savoir pardonner », a rétorqué sa consœur. Cette scène s’est passée dans un « nganda ya maboke » (un restaurant de fortune) à Kinkole. Ces dames revenaient d’un recueillement au cimetière de Kinkole. Leurs préoccupations constituent le lot des histoires lyriques des veuves éplorées à Kinshasa.

Le deuil ça se fête à Kinshasa

Un film genre fiction a été lancé dernièrement à Kinshasa, dont un débat sur les débordements des funérailles à Kinshasa et toutes les scènes obscènes et perverses qui se déroulent presque sur toute la ville de Kinshasa en générale et sur toute la Rdc en particulier.

Comme un reporter en quête d’un fait d’actualité, cette jeune réalisatrice braque son objectif sur Olongo. Ce dernier est un grand griot de deuil. Un jour, une idée lui passe par la tête, de se faire passer pour un mort. Et, avec comme objectif d’assister à ses funérailles. Olongo comme dans une salle de spectacle, il se range sur un siège afin d’entendre les commérages à propose de sa mort. Imaginez la suite…c’est une suite de scènes qui reflètent les réalités de cérémonies funéraires à Kinshasa. Parmi ceux qui viennent se recueillir, d’une part, les commères s’affichent au premier plan devant la dépouille mortelle.
Elles racontent tout sur l’illustre disparu en vrai et en faux. Et d’autre part, les danseurs s’activent sur la scène du deuil. Et, les femmes aux postérieurs fournis, s’illustrent dans des danses endiablées pour arracher les regards des hommes nantis.

C’est le point fort de cette fiction qui relance un débat sur les débordements des funérailles à Kinshasa et toutes les scènes obscènes et perverses qui se déroulent.

Saint Hervé M’ Buy



La  nigériane Omotola Jalade: « l’industrie du film peut booster l’économie d’un pays… »

Nollywood booste l’économie au Nigéria

La cinéaste nigériane Omotola Jalade, une  des étoiles de Nollywood, a encouragé ses homologues congolais de ne pas baisser la garde face aux défis de la production cinématographique. Elle est partie de l’expérience de la montée en flèche de Nollywood sur le plan international. D’après l’oratrice, l’industrie du cinéma nigériane, Nollywood vient à ce jour en soutien au Gouvernement au Nigéria. « Nollywood n’a pas commencé avec le soutien du Gouvernement. J’exhorte les cinéastes congolais de ne pas toujours attendre un quelconque soutien du Gouvernement parce que jusque là, il ne voit pas le pouvoir du cinéma. En 2014, le Gouvernement a constaté que l’économie du Nigéria a été d’un coup renfloué entre autres par l’industrie du Cinéma… », a expliqué l’artiste nigériane.  Pour Omotola Jalade, l’industrie du film peut booster l’économie d’un pays… Nollywood est le deuxième contributeur dans le développement du Nigéria après le pétrole. « Je voudrais vous encourager. Cette performance n’est pas arrivée par hasard. C’est par le travail …  », a lâché Omotola Jalade à ses homologues congolais. 

Ce n’est pas un secret pour personne, à ce jour, Nollywwod occupe une place remarquable dans la production des films en séries sur le plan international. Notons que l’une des invités du Cinef, Omotola est une star continentale. Elle figure au nombre des personnalités les plus influentes au monde. Le Times Magazine le mentionne noir sur blanc sur sa liste Time 100 publiée en 2013 et en 2014. Jeune Afrique l’a classé parmi les « 50 influents » du continent. Tournant à Nollywood, son palmarès est très remarquable.  Elle a joué dans plus de 300 films.

Saint Hervé M’Buy


Le Docteur Mukwege  répare les femmes 
Un patriote  écartelé entre la misère et l’excellence

Le mois de mars, mois par excellence d’expression de la femme dans le monde entier, Congo Création Active  a accordé une part belle au Docteur Denis Mukwege, Médecin-Directeur de l’Hôpital de Panzi dans sa rubtrique    consacré au Genre. Et ce n’est pas par hasard c’est un digne fils du pays qui a reçu de nombreuses récompenses et distinctions internationales pour l’action extraordinaire qu’il mène depuis de nombreuses années en faveur des femmes victimes de violences sexuelles dans l’Est de la RD Congo.
Dans une société en mal de repères, en mal de modèles pour la jeunesse. Il y a tout de même certains compatriotes qui s’illustrent par des actes de bravoure et d’excellence. Face à la conjoncture multiforme, la RD Congo peut compter sur  ces modèles d’excellence qui contribuent tant soit peu à l’image de marque de la RD Congo, à travers le monde. Il ne suffit pas d’être en pôle position pour illuminer son espace de vie face à l’obscurantisme.   La RD Congo a besoin des leaders aux âmes éclairés pour se redresser. Et, chacun dans son secteur d’action. Pour le Docteur Mukwege, au delà de son bistouri, il s’insurge contre l’amnistie accordé à certains chefs de guerre. Leurs crimes demeurent impunis jusqu’aujourd’hui.
Qui est cet homme au destin exceptionnel ?  Après deux années à l’Institut Bwindi de Bukavu ou il obtient un diplôme en biochimie, Denis Mukwege s’inscrit en 1976 à la faculté de médecine du Burundi. Il obtient son diplôme de médecin en 1983 et fait ses premiers pas à l’hopital de Lemera (Sud-Kivu). En 1984, il entame une spécialisation en gynécologie à l’Université d’Angers (France). Il fonde l’association Esther Solidarité France-Kivu pour aider sa région d’origine. En septembre 2015, il accède au grade de docteur en sciences médicales à l’université libre de Bruxelles.
Le Docteur Mukwege a fait connaître au monde la barbarie dont les femmes sont victimes à l’Est du Congo où le viol collectif est utilisé comme arme de guerre. Pour faire face à cela, il s’est spécialisé dans la prise en charge des femmes victimes de viols collectifs. Sur le plan médical, il est reconnu comme l’un des spécialistes mondiaux du traitement des fistules. C’est à ce titre qu’il a reçu un doctorat honoris causa de l’université d’Umeâ (Suede) en octobre 2010.
En octobre 2012, il est victime d’une agression alors qu’il se dirige à Bukavu. Il s’exile alors quelques mois en Belgique puis revient en RD Congo.  Le Docteur Denis Mukwege a reçu une cinquantaine de prix internationaux pour son action en faveur des femmes à l’Est de la RD Congo parmi lesquels on peut citer le Prix des Droits de l’Homme des Nations Unies en 2008, le Prix Sakharov remis par le Parlement européen réuni en séance solennelle en novembre 2014 et le Prix « Héros pour l’Afrique » récemment décerné par la Fondation pour l’égalité des chances en Afrique.
Ce que l’opinion retiendra  que le Docteur Mukwege est internationalement connu comme l’homme qui répare ces milliers de femmes violées durant 20 ans de conflits à l’Est de la République Démocratique du Congo, un pays parmi les plus pauvres de la planète, mais au sous-sol extrêmement riche. Sa lutte incessante pour mettre fin à ces atrocités et dénoncer l’impunité dont jouissent les coupables, dérange. Le Docteur Mukwege lâche : « le Congo est malade et on doit le soigner ». L’orateur poursuit sa pensée : « On a marre à s’attendre aux conséquences. Il est temps de s’attaquer aux causes… ».  L’amnistie, un idéal de paix que le Dr Mukwege ne partage pas. Les crimes méritent réparation.


Saint Hervé M’Buy


Les femmes renseignées sur les risques et les préventions du cancer



Journée internationale de la femme au MSH/USAID
C’est dans le cadre de la journée internationale de la femme que les femmes de MSH/USAID ont été sensibilisées hier mercredi 11 mars en la salle Tshumbe au siège de leur institution,  sur les risques du cancer des seins et d’utérus.  Pour la directrice de programme national de la santé de la reproduction/Ministère de la santé, madame le Docteur Marie Thérèse Kyungu,  la femme doit connaître les facteurs de risque qui amènent au cancer. « La femme congolaise  est sous informée sur le cancer. Nous avons profité de cette journée pour dire aux femmes que le cancer existe ; il peut se guérir à condition qu’il soit diagnostiqué précocement. En RD Congo, nous n’avons pas beaucoup de moyens pour se permettre de soigner un cancer déjà déclaré… »,  a déclaré l’oratrice à la presse après son exposé autour du thème « le cancer et des risques ». Le Docteur Marie-Thérèse Kyungu a lâché un message d’espoir qu’il y a moyen de prévenir et d’éviter de  tomber malade de cancer. 
 
Mortalité du cancer élevée plus que le VIH/Sida
D’après les experts, le cancer est devenu responsable d’un décès sur 8 dans le monde, une mortalité supérieure à celle du VIH/Sida, de la tuberculose et du Paludisme réunis. Chaque année, plus de 12 millions de nouveaux cas sont diagnostiquées dans le monde et 7,6 millions d’individus meurent du cancer soit 13¨% de la mortalité mondiale (UICC).
Alors que d’après les prévisions de l’OMS de 2005 à 2015, le cancer causerait 84 millions de morts dans le monde si les précautions ne sont arrêtées et elle insiste que l’augmentation de cas des cancers seraient la plus marquée dans les pays à faible et moyen revenu à l’exemple de la RD Congo. Mais cette maladie aussi lourde d’après les statistiques soit elle ne devrait pas été vécue comme une fatalité : Cancer, 7,6 millions de décès ; VIH/Sida, 1,8 millions de décès ; Tuberculose, 1,4 millions de décès et le Paludisme, 650.000 décès.
Pour la petite histoire, le cancer du col de l'utérus est un cancer sexuellement transmissible causé dans la grande majorité des cas par une infection par le virus du papillome humain (HPV).

D’après les experts, près des deux tiers des femmes ayant une activité sexuelle sont en contact avec le virus, mais seulement 1 à 2% d'entre-elles contaminées par le virus vont développer un cancer du col de l'
utérus. Et quant  au cancer du sein,  c’est le cancer plus fréquent chez la femme. Une femme sur 8 est actuellement touchée par le cancer du sein et ce chiffre pourrait grimper à une sur 7 d'ici vingt ans. Le premier symptôme du cancer du sein est la présence d'une boule au niveau du sein, correspondant à la tumeur. Elle peut également s'accompagner de ganglions durs au niveau de l'aisselle (ganglions axillaires) correspondant à une propagation du cancer, ainsi qu'à des modifications cutanées au niveau du sein et du mamelon (peau d'aspect capitonné et un mamelon qui entre au lieu de sortir). Le sein peut progressivement se déformer et s'ulcérer, ce qui se traduit parfois par un écoulement du mamelon, d'un seul côté.
MSH/USAID, partenaires du Ministère de la santé  dans la lutte
Le directeur des opérations de MSH, Rood Merveille a précisé que son institution travaille pour la réduction des maladies dans un bon nombre des pays tels que la RD Congo. « MSH s’engage à accompagner le Ministère de la santé en RD Congo dans la lutte contre le cancer », a indiqué l’orateur.
Les femmes de MSH/USAID ont été également sensibilisées sur l’égalité entre les sexes, cela en vue de permettre à la femme de développer son auto-prise en charge au quotidien.   
Saint Hervé M’Buy


Pour le développement de la société
 Béatrice Mbuyamba : « la femme est une partenaire incontournable »


Mme Béatrice Mbuyamba, Directeur à la DGDA


Dans un monde où le concept ‘’partenariat homme-femme’’ est en vogue, il est incontournable que les deux collaborent dans tous les domaines de la vie, pour le développement de la société. C’est ce que pense Mme Béatrice Mbuyamba, récemment nommée Directeur à la DGDA, Direction générale des douanes et accises.
Que pensez-vous du concept ‘’partenariat homme-femme’’ ?
Le partenariat homme-femme renvoie les êtres masculin et féminin à la participation à la chose publique. Selon cette notion, la femme doit être dans toutes les sphères de la vie, aux côtés de l’homme. La femme est donc ce « partenaire éternel de l’homme ». Remontant à la création, Dieu avait trouvé utile que la femme soit à côté de l’homme. J’ai toujours dit à mes collègues hommes que nous ne sommes pas là pour les étouffer, ou pour prendre leur place. Nous sommes des ‘’aides’’. Si l’homme était complet, Dieu ne l’aurait pas fait. Nous pouvons les épauler dans un domaine ou un autre grâce à des vertus dont nous disposons.
Sur le plan social, en quoi êtes-vous personnellement partenaire à votre mari au foyer ?
J’ai une base à moi, mon fondement. Quand je travaille, c’est pour mon mari. Je lui apporte toute ma part à la maison : salaire, prime, …Je n’oublierai jamais que c’est avec sa bénédiction que je travaille [Ndlr : même si au Parlement le débat sur l’abrogation de l’autorisation maritale est lancé].
J’ai encore en moi cette définition selon laquelle l’homme est le chef de la famille, la femme comprise. C’est lui mon patron numéro 1. Ça ne me dérange pas. Et tout homme normal me trouverait normale.
Partenaire sur le plan socioprofessionnel, l’êtes-vous réellement ?
Ici, je me sens très bien dans ma peau, avec mes collègues hommes. Je reconnais sans orgueil que ma contribution est très importante dans notre régie financière. Mes collègues tous sexes confondus, m’apprécient beaucoup quant à cela.
Je viens d’être promue au rang de directeur, il y a peu. Plusieurs d’entre mes collègues hommes sont allés jusqu’à me dire : « nous savions que tu le mérites,… il fallait en arriver là depuis longtemps,… ». Bref, ils reconnaissent mes capacités.
Je n’ai pas à me sous-estimer. Je suis chef de file, partenaire valable, je suis à ma place.
Il faut cependant reconnaître qu’être acceptée de tous les hommes demeure un problème éternel. Dans sa masculinité, l’homme accepte difficilement la femme. C’est naturel. Mais grâce à notre savoir-faire, notre savoir-être, bien d’hommes reviennent aux bons sentiments.
Et dans l’Eglise…
L’église est avant tout une communauté des frères et sœurs. Si j’ai un rôle à jouer, en tant que croyante, je dois le jouer : soutenir les œuvres pastorales, assistance et libéralité en faveur des frères et sœurs, contribution à la construction du temple, … je fais de mon mieux pour le faire, comme le ferait aussi bien tous les frères.
Que prodiguerez-vous comme conseil à l’endroit de ces femmes qui attendent tout de leurs partenaires hommes ?
Elles ont tort. Le problème du développement concerne aussi bien l’homme que la femme. Quand bien même toutes les femmes ne deviendront pas devenir ministres, députées, présidentes, … mais chacune, là où elle se trouve, a quelque chose à faire. Elles devront alors rentrer au-dedans d’elles-mêmes et découvrir qu’elles ont des vertus à exploiter ! Elles sont utiles dans la société, même en tant qu’épouses et mères au foyer.
Comment appréciez-vous l’évolution de la femme dans la prise de conscience face au développement de la société ?
Beaucoup de paramètres entrent en jeu. Il y a encore du chemin à faire tant il y a encore une pesanteur quelque part. Celles qui n’ont pas encore pris conscience constituent un obstacle à elles-mêmes. Celles qui ont pris conscience, trouvent des obstacles aussi bien de la part des hommes que des femmes...
Avez-vous un appel à lancer ?
C’est le moment de redire : « femmes, réveillons-nous ! ». Ce monde nous appartient à nous tous. Nous y avons une aussi grande place autant que nos partenaires hommes. Quant à la presse, qu’elle soit mobile et attentive pour nous accompagner partout dans cette lutte.
Propos recueillis par Emmanuel Badibanga

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