![]() |
Kengo wa Dondo/Président du Sénat |
Session de septembre 2014
* Toujours du
côté des observateurs, certains pensent que le huis-clos du Sénat était une
occasion pour le Président de cette chambre de s’expliquer par rapport à la « virilité »
de son discours du 15 septembre dernier, surtout par rapport à sa dernière
position au regard de la révision constitutionnelle. Même si l’élaboration de
ce discours relève de ses prérogatives, peut-être que certains sénateurs ne se
sont pas retrouvés dans certains détails de ce discours en rapport avec la
révision de l’article 220 de la Constitution
Toutes les deux chambres du parlement, à savoir
l’Assemblée nationale et le Sénat, avaient ouvert leur session de septembre du
reste essentiellement budgétaire le 15 septembre dernier. Après que la chambre
basse ait tenu sa première plénière qui avait inscrit un seul point à son ordre
du jour à savoir, l’examen et l’adoption
du calendrier des travaux de la session ordinaire de septembre et répartition
des matières y afférentes, tous les yeux étaient rivés vers le Sénat pour le
même exercice. Malheureusement, les choses ne se sont pas passées comme prévu
au Sénat, parce que le bureau de cette chambre haute a décrété le huis-clos en
sa plénière d’hier mercredi 24 septembre
2014.
Un huis-clos n’est pas du tout mauvais, d’autant plus qu’il
est prévu par le Règlement intérieur de cette chambre législative, même s’il a
provoqué des commentaires dans tous les sens. Nos fins limiers qui étaient sur
place n’ont trouvé rien à mettre sous la dent, pendant que d’autres
observateurs avertis de questions parlementaires n’ont pas manqué de spéculer.
Les plus sceptiques se sont rappelés le discours
« musclé » du Président du Sénat à la tribune de cette chambre haute.
Un discours qui a suscité et suscite encore beaucoup de commentaires, lorsqu’on sait que
Léon Kengo avait enlevé les gangs pour s’attaquer de façon frontale à la
révision constitutionnelle. Matière qui n’était pas du reste à l’ordre du jour
et que le cadre n’était pas approprié pour en parler.
Dans son discours ex-cathedra, il avait avancé trois raisons
pour ne pas accepter la révision constitutionnelle, avant d’inviter la classe
politique au respect des engagements, à la culture de la paix et de la
réconciliation, à l’esprit de tolérance et d’alternance. « Il est temps que notre pays dépasse le stade des querelles
politiques byzantines pour se concentrer enfin sur les vrais problèmes du
peuple : pauvreté́, chômage, éducation, santé, infrastructures, environnement
; bref, aux problèmes du développement socioéconomique du pays »,
avait-il dit.
Ce message a créé un lever de boucliers et a provoqué la
réaction musclée du Gouvernement de la République qui a réagi à travers son
porte-parole. Celui-ci n’a pas caché sa désapprobation lorsqu’il a dit que la
tendance observée dans certains discours récents à vouloir donner une réponse
institutionnelle à la problématique de la révision de l’article 220 de la Constitution
que jamais encore personne n’a posé à une institution publique de notre pays
procède de cette hostilité invaincue qui constitue en elle-même une sérieuse
hypothèque à l’émergence de la nation congolaise. Le mélange délibéré des
genres sur une question aussi sensible n’est pas fortuit.
« Le fait
qu’il soit jeté tel un pavé dans la mare plus de deux ans avant même les
échéances électorales en question témoigne d’une obsession à empêcher coûte que
coûte l’élu de 2011 à gérer sereinement le mandat qui lui a été confié par le
souverain primaire afin d’imposer ce qu’on appelle déjà l’alternance sans se
soucier de savoir si tel sera la volonté de l’électorat », a fait observer Lambert
Mende, trois jours seulement après le discours du Président du sénat.
Voilà qui pousse les observateurs avertis à insister sur
le fait que Kengo se devait de réserver une réponse à cette sortie médiatique
de Lambert Mende et à d’autres caciques de la Majorité présidentielle. Mais
quant à savoir ce qu’il a dit dans son discours d’hier mercredi, tous les
sénateurs contactés ont préféré garder silence et demander à leurs
interlocuteurs de vite changer de débat.
Qu’à cela ne tienne, d’autres spécialistes des questions
parlementaires ont avoué à L’Avenir qu’il s’agissait probablement d’une affaire
concernant leurs émoluments. Car, disent-ils, lorsque le huis-clos est
sollicité, c’est surtout parce qu’on veut traiter argent. Et qui dit argent
doit faire tout pour éviter les regards, les bruits et les commentaires de tous
les sens dans une ville qui adore la rumeur. Mais en réalité, l’argent seul ne
pouvait exiger le huis-clos, lorsqu’on sait combien le débat du Sénat qui est retransmis
sur la Rtnc est apprécié de beaucoup de gens.
Toujours du côté des observateurs, certains pensent que
le huis-clos du Sénat était une occasion pour le Président de cette chambre de
s’expliquer par rapport à la « virilité » de son discours, surtout sa
dernière position au regard de la révision constitutionnelle. Même si
l’élaboration de ce discours relève de ses attributions, peut-être que certains
sénateurs ne se sont pas retrouvés dans ce discours qui les engage tous.
D’ailleurs, nos sources renseignent que certains
sénateurs membres de l’actuelle Majorité présidentielle au pouvoir seraient
très fâchés contre Léon Kengo et l’occasion était indiquée pour ce dernier
d’aplanir les divergences pour un début apaisé de travaux. Ne dit-on pas que le
linge sale se lavent en famille ? Espérons que les sénateurs l’ont compris
et que les choses sont revenues à la normale.
Le moment n’était-il pas indiqué de suivre les avis et
considérations des sénateurs par rapport aux enjeux de l’heure relatifs à la modification
de certains articles de la constitution, l’examen et le vote de la loi
budgétaire qui n’est pas encore déposé sur la table du bureau de l’Assemblée
nationale, le Gouvernement de cohésion nationale, etc. ? Le débat reste
ouvert et tous les commentaires sont les bienvenus.
L’Avenir
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire